FREED
Innovation et entrepreneuriat

Co-conception : concevoir AVEC les utilisateurs

Portrait de Carmen GereaPar Carmen Gerea30 août 2026 6 min de lecture

Le co-design est une méthode qui unit la créativité de personnes aux fonctions et spécialités différentes pour travailler ensemble à la conception d'un produit ou d'un service. Il permet de recueillir des idées dans une dynamique collective, en intégrant l'expérience d'acteurs qui n'étaient auparavant observés que de l'extérieur.

Recevez nos analyses par e-mail

Abonnez-vous à la newsletter FREED : recherche appliquée, tendances et outils.

Pas de spam. Désabonnement à tout moment.

Qu'est-ce que le co-design

Contrairement au design traditionnel, où le travail est souvent individuel et les visions personnelles ne sont pas toujours partagées, le co-design propose un objectif commun entre des profils qui ne participaient auparavant qu'en tant qu'agents externes au processus : le chercheur, le responsable du service client et, surtout, l'utilisateur final. Lors d'une session de co-design, ces personnes deviennent expertes de leur propre expérience et apportent des éléments de valeur directe à la solution.

À quoi sert-il

Le co-design sert à recueillir de nouvelles idées dans une dynamique collective, à partir de l'expérience de divers acteurs du système en cours de conception. C'est une bonne méthode lorsque l'équipe a besoin de sortir de son propre point de vue — celui du designer ou de l'entreprise — et d'intégrer le regard de celui qui utilise réellement le service, sans intermédiaires pour interpréter à sa place.

Les trois conditions de sa réussite

  • Accepter que toutes les personnes sont créatives et participeront si elles sont motivées et si on leur offre les outils adéquats.
  • Cultiver la diversité comme fil conducteur : si tout le groupe partage la même origine et la même perspective, les résultats seront prévisibles et limités.
  • Favoriser le dialogue, avec un espace commun et un langage partagé entre des participants qui ne travaillent normalement pas ensemble.

Rôles dans une session de co-design

En plus du facilitateur et du rapporteur, il est conseillé de désigner quelqu'un pour gérer explicitement le temps, en avertissant lorsqu'il reste cinq minutes pour clore chaque bloc, car en pratique, les conversations riches ont tendance à s'étendre au-delà du temps prévu et sans cet avertissement, l'exercice perd de son rythme.

Dans nos ateliers, nous réunissons généralement des groupes de 3 à 6 personnes par table, en mélangeant intentionnellement les designers, ceux qui exécutent le service au quotidien et les utilisateurs finaux. Un facilitateur guide la dynamique et gère le temps ; un second rôle, celui de rapporteur, systématise sur des post-its ce qui est généré afin que rien ne soit perdu à la fin de la session. Il est essentiel qu'aucun profil ne domine la conversation : le facilitateur doit inviter activement à parler ceux qui ont moins l'habitude de participer aux processus de design.

Formats de session

Une autre variante que nous utilisons fréquemment consiste à diviser la session en deux moments : un premier moment de génération ouverte d'idées et un second, séparé par une courte pause, dédié uniquement à la combinaison et à l'affinage des propositions déjà sur la table, évitant ainsi que la critique précoce ne freine la créativité du premier moment.

Le format le plus simple commence par un défi de design déjà défini, écrit en une phrase courte et visible pour tout le groupe. À partir de là, chaque participant génère des idées sur des post-its individuellement pendant quelques minutes, puis le groupe les regroupe et les combine sur la table. Il fonctionne également bien de lier le co-design à un desktop walkthrough, où les mêmes participants jouent le parcours de la solution qu'ils viennent de proposer, ou de clore par un tour de priorisation simple par vote avec des autocollants.

Comment maintenir une conversation productive

Un risque courant du co-design est que la session se transforme en un brainstorming désordonné, où chaque participant défend sa propre proposition sans écouter les autres. Pour l'éviter, il est bon de fixer des règles simples dès le début : chaque personne présente son idée en moins d'une minute, personne n'interrompt pendant que quelqu'un parle, et les critiques sont formulées comme des questions ("que se passerait-il si... ?") plutôt que des jugements directs. Dans les ateliers avec des profils très différents — par exemple, un cadre et un utilisateur final sans expérience des processus de design — il est également utile de donner des exemples concrets de ce qui est attendu avant de commencer, car le langage technique de l'équipe de design peut intimider un participant novice.

Matériels et logistique

  • Papier et post-its de différentes couleurs
  • Crayons ou marqueurs Sharpie
  • Autocollants pour voter ou marquer les priorités

Avant la session, il faut identifier le défi de design et sélectionner soigneusement les profils qui participeront, en garantissant une réelle diversité au sein du groupe. Ensuite, il convient de systématiser les découvertes et de sélectionner les idées qui seront prototypées.

Différences avec une session de brainstorming traditionnelle

Le co-design est parfois confondu avec un simple brainstorming, mais la différence réside dans qui participe et dans quel but. Un brainstorming traditionnel réunit généralement uniquement l'équipe interne de design ou de produit ; le co-design intègre délibérément des acteurs externes au processus habituel — clients, fournisseurs, personnel de première ligne — car leur connaissance tacite du problème ne peut être remplacée par la seule créativité de l'équipe de design. Cette différence de composition explique pourquoi le co-design produit des idées qui émergent rarement lors d'une session interne, bien qu'il exige également plus de temps de coordination préalable pour convoquer les bons profils.

Limites de la méthode

Le co-design ne remplace pas la recherche préalable : si l'équipe ne dispose pas de données d'observation sur le terrain ou d'entretiens approfondis, elle risque de concevoir sur des hypothèses partagées par le groupe, et non sur des preuves. Il ne fonctionne pas non plus bien avec des groupes très importants — plus de six personnes par table rend difficile la participation de tous — ni lorsque les profils convoqués n'ont pas le temps réel de s'impliquer, car la méthode exige une présence active, et non une consultation ponctuelle. Et il convient de rappeler que "concevoir avec" ne signifie pas que chaque idée de chaque participant doit être mise en œuvre telle quelle : l'équipe de design reste responsable de traduire ces contributions en une solution cohérente.

Que faire après la session

Une fois les découvertes systématisées, l'étape naturelle est de construire un prototype des idées sélectionnées et de le tester avec les mêmes profils qui ont participé au co-design, bouclant ainsi le cycle de "concevoir avec" au lieu de "concevoir pour". Si votre organisation met en place ce type de dynamique pour la première fois, le kit de design lean propose des modèles prêts à l'emploi pour organiser la session.

Si vous souhaitez voir des exemples de sessions de co-design facilitées, abonnez-vous à la newsletter de FREED.

Partagez cet article

Suivez-nous sur YouTube

Nuevas Economías, Research Thinking et FREED AI Studio : conversations et analyses sur les affaires, la technologie et le comportement humain (en espagnol).

Questions fréquentes (FAQ)

Commentaires

  • Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.

Laissez votre commentaire

Les commentaires sont modérés avant publication.

Votre e-mail reste invisible pour les autres lecteurs : il sert uniquement à valider votre identité.